Randonnée

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Randonnée

Message par Maïata le Sam 27 Sep 2014 - 21:57

Je reposte un petit retour sur a rando de l'année dernière ici, puisque je viens de re-découvrir cette section Carnet de voyages!
Rando juillet 2013


En rando le temps est différent, les priorités aussi. C'était plus un dépassement psychologique que physique, bien que mon corps a du s'habituer à la marche puisqu'il n'était nullement entraîné.
Le temps est différent : on passe de nombreuses heures à marcher, souvent sans voir grand chose et en suivant un chemin balisé. Notre esprit a libre court, régulièrement il se tait faute de savoir à quoi penser. Les événements marquants sont relativisés, bien moins nombreux mais donc bien plus exceptionnels : faire les courses signifie manger des fruits qui se gâtent trop vite pour être transportés, un lieu particulier pour dormir, des rencontres survenues au gré du hasard et toujours très enrichissantes.
L'esprit a beaucoup de mal à se défaire de tout ce qu'on lui a appris : les deux premiers jours sont menés grâce à l'excitation de la découverte, le 3ème et 4ème jour a été dur pour moi, sans que je ne sache consciemment pourquoi. Le bousculement de tous les repères, ne plus avoir aucune obligation, être vraiment seule. On peut être angoissé au début de savoir où l'on va dormir, et au fur et à mesure que les jours passe on commence à dormir n'importe où, n'importe comment.
Au fil du temps la peur s'en va, car nous ne faisons plus partie de la civilisation, en tout cas plus du monde civilisé. Comment puis-je encore m'inquiéter de mon image après un mois de rando, pourquoi est-ce que cela ne se fait âs de faire une sieste dans un cimetière ? Nous sommes dans la société tout en étant intouchable par elle, on passe au-travers d'elle et l'utilisons sans complexe.


Le corps s’endurcit : petit à petit il arrête d'avoir besoin de 10 heures de sommeil pour être en forme, la démarche s'adapte au poids du sac à dos, on marche mieux, plus longtemps et plus vite. A ce moment là les recors de kilomètres parcourus en une journée peuvent être toujours repoussés, avant que ne vienne la lassitude de marcher, une réelle flemme. Et alors il ne nous reste plus rien, rien que l'envie de rester là à regarder un beau paysage, de se baigner dans un lac ou de dormir dans une prairie.
Mais le jour où mon amie devait arriver approchait déjà, et il fallait se mettre en route pour aller la retrouver le bon jour, à la bonne heure, au bon endroit.


J'avais hâte d'être à deux, mais j'avais sous-estimé le chemin psychologique que j'avais fait pendant trois semaines, et le décalage qu'il allait engendrer. Une amie est une très bonne compagnie, mais représente aussi des contraintes qu'il faut assumer : on ne peut pas aller à droite juste parce que notre inconscient nous le dicte, on doit mettre des mots sur nos désirs, sur nos projets. On doit expliquer, et regardé. Elle peine à me suivre, et je peine à l'attendre, je peine à supporter la présence d'une autre personne et les conversations se font alors rares.
Mais une fois ce décalage dépassé, on découvre un autre bonheur, partagé celui-là. Se baigner chaque midi dans le Lot, et de nouveau le soir dès qu'un lac se présente à nous. Faire sa toilette sous les arrosages automatiques du maïs, regarder les étoiles et parler de la vie que l'on mène habituellement, là-bas, dans les villes. Être déçus par les soit-disant plus beaux villages qui ne sont que touristiques, se lever à 4 heures du matin pour marcher dans le noir presque complet pour attraper un train un dizaine de kilomètres plus loin.
Et chanter.


J'ai autant de souvenirs seule qu'avec mon amie, seulement ceux avec elle sont racontables alors que les autres font partie de la magie de mon esprit. Ceux-là ne doivent même pas être racontés, sous peine de les dénaturer. Les photos ont été perdues, seules des impressions et des réminiscences vont et viennent.





  • Tu as vu quoi alors là-bas ?


  • Des arbres, des vaches et des tracteurs.
    Les arbres sont nombreux, les vaches impressionnantes mais impressionnables, et c'était le moment du fauchage des foins.


  • Des petites choses qui t'ont faites plaisir ?


  • Des bons saucissons et des bons fromages d'Auvergne, mais surtout des fruits quand je pouvais en manger. Superpomme de Supertrampe dans Into the Wild n'est pas une exagération. Avec la compagnie d'Alexandra David Néel.


  • Une peur ?


  • Il n'y a pas avoir peur des gens, ils sont moins dangereux que les chiens ou les sangliers. La magie des souvenirs restera en moi sur ce sujet-là.


  • Le plus dur ?


  • Rentrer. Réellement, revenir à la civilisation a été très dur psychologiquement. Notamment le fait d'enchaîner avec le boulot d'animatrice en centre aéré.






Une liberté indescriptible a été acquise. Celle de savoir que le nécessaire pour vivre tient dans un sac de 40 litres et de 13 kilos, savoir que c'est possible. Savoir que je peux partir du jour au lendemain. Savoir prendre des initiatives, savoir se laisser (complètement) vivre.

Maïata
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Re: Randonnée

Message par Shua le Lun 13 Avr 2015 - 18:38

C'est beau.


J'aimerais beaucoup randonner aussi. A cheval ou à pied.

Shua
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