Désir, Désires et Désirs.

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Désir, Désires et Désirs.

Message par Skylmatrim le Jeu 22 Oct 2015 - 17:38

Bon, comme en ce moment mon activité sur le fo n'est pas ardente, j'vous partage une question philosophique, ou plus précisément celle que mon prof nous a posé pour un dm à faire, sur le Désir.
Comme j'aime bien voir ce que vous pourrez répondre, je vous partage alors cette question, qui est:
Est-il sage de vouloir borner le désir ?


Je mets en spoiler ce que j'ai pu produire. Je vous préviens, c'est très scolaire (du fait que c'était un dm), et assez formel. Ce devoir a été inspiré de 12 textes différents portant sur le Désir. 


:

Le désir 

   Le désir, sentiment naturel et primaire chez l’homme ainsi que chez les animaux, semble avoir plusieurs définitions, et en particulier sur le désir concernant l’homme. Sur le modèle du désir comme un besoin, le désir est alors un manque et une souffrance. Le désir peut aussi être assimilé à l’inquiétude, mais qui résulte quelque chose de positif. Il définit plusieurs termes différents, et les Désirs peuvent tout autant porter sur de nombreux types de désirs (désir primitif, désir sexuel, désir de mourir, désir d’assurer une descendance, etc…) ou se rapportent à un élément de réflexion comme le rêve que Freud développera en rapport étroit avec le désir, la sociologie en rapport avec les comportements humains, ou encore la capacité humaine de réflexion face aux désirs et pulsions qu’il peut avoir. Dans un cas général, le sentiment du désir est définit par la naissance chez l’homme de la sensation d’absence de quelque chose, d’un manque d’un objet, d’une personne. Grâce à sa capacité mentale, l’homme peut détourner ses désirs primitifs ou sexuels, les refouler par des moyens alternatifs. 
Est-il sage de vouloir borner le Désir ? 
Est-ce qu’il est d’une autre façon, bon, un acte de sagesse, de restreindre ses Désirs à un essentiel, de les limiter, peut-on se satisfaire du nécessaire ? Il sera étudié dans un premier temps les différents aspects appuyant la thèse qu’il est adéquate, voir nécessaire de limiter ses désirs à l’essentiel, puis à l’inverse du premier point les différentes composantes appuyant l’idée que le désir est un aspect primordial de l’homme, et enfin quelques points sur les dérivés que peut exercer l’homme pour satisfaire ses désirs sans en être tout à fait dépendant. 


   Le Désir, sentiment naturel humain et animal, est considéré dans de nombreuses pensées comme un élément négatif à la vie d’un homme, celui-ci faisant souffrir, pouvant amener à une déraison, une certaine immoralité. Comme l’a précisé Platon, lorsque c’est une pensée raisonnée, une cause qui amène vers ce que l’humain peut donner du plus intelligible et bon pour lui-même, on nommera cet ordre de pensée « tempérance ». A l’inverse, lorsque c’est un désir, un sentiment impulsif déraisonné qui conduit vers le plaisir et qui domine alors la pensée raisonnée, cette domination aura pour appellation « démesure ». Le désir peut être néfaste dans le sens où ce qu’il provoque n’est pas raisonnable comme le serait une opinion cartésienne. Il y a toutefois des désirs qui se voient être nécessaires pour l’homme, et il peut être abstrus de savoir si ce que l’on ressent est un besoin physique et nécessaire qui demande à être assouvi comme le fait de vouloir manger ou boire, ou si c’est la sensualité, le sentiment de vouloir, de désirer plus qu’il est nécessaire de ce dont nous avons réellement besoin, qui nous détournerai de nos réelles exigences et qui voudrait alors être servie. « Ce qui est assez pour la santé ne l’est pas pour le plaisir », c’est ce qu’explique Augustin dans son œuvre Confessions. Pour beaucoup, le désir et la satisfaction de ce désir amènent au bonheur. Pour d’autres, le bonheur s’atteint a contrario par une simplification de la vie en renonçant à tout ce qui est superficiel, en se limitant dans le choix d’assouvissement de nos désirs et de borner la sensualité qui peut s’éveiller en nous. Par cette simplification, l’homme n’aurait qu’à s’abstenir des désirs illusoires et non vitaux ; en considérant qu’un désir assouvit en appelle immédiatement un autre, et que la satisfaction n’est pas éternelle au premier désir. Cela implique le fait que le bonheur, par le renouvellement des désirs et de la demande d’assouvissement, ne peut être stable, et que le repos mental et physique n’est pas possible à cause de l’état de contrariété provoqué à la suite d’une satisfaction d’un désir et de son renouvellement incessant. Borner le désir peut alors être sage dans le sens où la simplification des désirs en les ramenant à l’état de désirs essentiels et vitaux peut amener l’homme à un repos et au bonheur. 


   Le Désir peut être également perçu comme quelque chose de positif, voir même nécessaire à l’homme, comme un élément moteur de sa force qu’il puise dans son renouvellement et la sensation de satisfaction que son assouvissement peut provoquer. Désirer est une puissance qui pousse l’homme à avancer, à aller chercher ce qu’il désir pour sa satisfaction personnelle. Une personne velléitaire, qui ne ressent aucune douleur ou déplaisir du fait de l’absence d’un bien, ne s’avise pas de désirer et ne fait aucun effort pour détenir la chose présumée, et restera passif, quant à une personne qui désire et ressent des émotions comme la douleur, le plaisir, ce même individu va se donner les moyens et trouver en lui une certaine volonté pour trouver une satisfaction à son désir, qu’il soit déçu ou rassasié de son assouvissement, et sera alors dans l’action. Selon Leibniz, le désir est assimilé à l’inquiétude, mais il en résulte quelque chose de positif, le désir étant présenté comme force moteur du cerveau ; il se ressent par l’absence d’une chose qui pourrait procurer du plaisir si ce même élément était présent, et cela se rapporterai donc à une inquiétude. Spinoza a développé l’idée du « conatus », qui consiste en l’effort pour persévérer dans son être (Concept fondamental de l’Ethique de ce même philosophe). Cet effort de persévérance est la source dynamique qui est augmentée par des facteurs venant à augmenter notre puissance d’exister. Le désir peut être perçu comme un appétit qui est alors « l’essence même de l’homme en tant qu’elle est déterminée à faire des choses servant à sa conservation ». Le désir est alors un ensemble de tous les efforts de persévérance, de toutes les impulsions, appétits et vouloir de l’homme qui le pousse à aller plus loin dans son être. 
 

   Le désir est une notion que l’on ne peut qualifier de simple et de spontané. Limiter le désir au strict essentiel, ou en faire d’un sentiment une puissance, une force de vivre et de se surpasser, il peut être complexe d’en tirer un milieu, un intermédiaire entre deux thèses opposées. Certains penseurs développent des idées, selon lesquelles il serait possible de refouler, d’atténuer la sensation de Désir pour éviter qu’elle n’en devienne démesurée. L’homme étant capable de bien plus de fonctions mentales que l’animal, il lui est alors tout à fait possible de contrôler son désir. Kant, place l’origine du désir dans la raison et non pas dans une autre chose impulsive et ne venant pas de la raison, mais de la sensualité. Il est démontré que l’imagination permet à l’homme de développer son désir sexuel dit soudain, et qu’alors les excitations sexuelles deviendraient un idéal permettant au désir d’ordre animal de devenir sentiment amoureux et d’affection. D’une autre façon plus simple, Le désir peut se refouler par l’opinion d’une personne qui désirait quelque chose et qui en ressentant que le bien souhaité ne peut être détenu au même niveau d’inquiétude que l’on ressent parallèlement au désir.  Freud, dans le développement de l’idée du rêve et de ce qu’il implique, appuie l’hypothèse que le Désir, unique moteur du rêve, permet l’expression de ce même désir et de définir son origine. De ce fait, le rêve permet de refouler l’excitation procurée par un désir. 


   Ainsi, nous pouvons en déduire que borner le désir à l’essentiel de nos besoins primaires peut permettre à l’homme de trouver un bonheur constant et un repos de son être. Cependant, vivre du désir peut tout à fait aussi donner à l’homme une force qu’il ne trouvera que dans la recherche de satisfaction de son Désir, donner lieu au « conatus » qui lui permettrait de persévérer dans son existence, et de donner une dynamique certaine à sa vie. Il est également possible de refouler une partie de ses Désirs, de les atténuer par l’imagination pour donner lieu à un sentiment d’amour, ou bien par le rêve qui exprimerait le désir et de ce fait refoulerait l’excitation que le désir procure. Nous pouvons nous demander, en rapport avec le Désir, si une évolution possible de l’homme aurait été possible sans sa volonté de persévérer, de surpasser son être.

Skylmatrim
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Re: Désir, Désires et Désirs.

Message par Jezareah le Jeu 22 Oct 2015 - 18:35

Si l'on admet que les désirs comprennent tout ce qui n'est pas immédiatement vital mais qui entraîne un sentiment manque, pourquoi les borner ? 
Dans la mesure ou les désirs d'une personne ne sont pas en contradiction avec tout ce qui fait la vie ou l'environnement d'une autre, les désirs sont ce qui pousse l'homme à avancer, c'est une projection dans l'avenir et une manifestation de la personnalité (je veux, je souhaite) qui est inéluctable. L'envie de ne rien désirer est en soit un désir puisque il faut se projeter comme Personne dans un avenir souhaité.  
Donc est il sage de vouloir borner le désir ? 
La bonne vielle thèse antithèse synthèse ! 
Oui mais pas tant ! La vie ne serrait-elle pas insipide sans désir ? ou avec le minimum? On peut poser l'exemple des moines qui chaque jours vont vivre dans la pauvreté, de l’aumône, mais n'est-ce-pas un désir de se rapprocher du divin ? Un désir qui viens supplanter tout les autres les rendant inutiles ? 
Puis à l'autre extrême quel chaos si les désirs gouvernaient chaque être humain, chacun prendrait ce qu'il veut sans se soucier des autres. 
Au final, pourquoi borner ses désirs ? pourquoi ne pas les élever ? s'en servir comme un moteur dans le respect d’autrui. 

Je n'ai pas lu le  Dm avant la fin de mon message pour ne pas être influencée, je remarque maintenant que nos synthèses se ressemblent.

Jezareah

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Re: Désir, Désires et Désirs.

Message par Skylmatrim le Dim 25 Oct 2015 - 10:49

Super intéressant ta réflexion Jeza, et oui en effet nos synthèses se rapprochent bien !! ;)

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Re: Désir, Désires et Désirs.

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