S'accepter, et vouloir changer ?

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S'accepter, et vouloir changer ?

Message par inari le Mer 4 Avr 2018 - 15:52

Quand je suis arrivée sur ce forum, l'une des premières questions qu'on m'a posé est : "Qui es-tu ?"
Malheureusement, la réponse "je suis moi" ne suffisait pas. Et donc, depuis le début j'ai cherché à comprendre qui j'étais, à ne plus être "paumée" dans la vie, à trouver ma voie. Je me suis remise en question, et j'ai remis en question le monde qui m'entoure. Cette remise en question m'a poussé à changer ma manière d'être et de faire sur plusieurs points, au fur et à mesure que je faisais face à des blocages ou à des réflexes qui ne me plaisaient pas. Le principe de la progression pousse selon moi à adapter notre manière de faire les choses, pour l'optimiser sur les aspects qui nous intéressent.


Cependant, je n'arrive pas à déterminer où se trouve la limite, entre acceptation de soi et volonté de changer.


Selon moi:
- C'est important de comprendre nos fonctionnements, et de les accepter (dans le sens "ne pas se voiler la face") afin de savoir qui on est, ce que l'on est capable de faire.

- C'est important de chercher à progresser, de remettre en question nos manières de faire afin de les optimiser et d'atteindre nos objectifs.

Alors, comment savoir où s'arrête le premier point et où commence le second ?


Parce que souvent, le fait de dire "je suis comme ça, et tant pis" ressemble plus à une excuse pour ne pas faire l'effort d'essayer de changer.
Mais le fait de toujours se remettre en question peut faire perdre de vue "qui on est", nous donner l'impression de ne pas avoir de bases sur lesquelles se reposer.


Par rapport à ce sujet, j'aime bien la théorie de l'état d'esprit fixe vs l'état d'esprit de développement :
https://www.youtube.com/watch?v=YWO8oECzDjI&feature=youtu.be


http://www.simpleslide.com/2013/04/28/etat-desprit-fixe-et-etat-desprit-de-developpement/


Pouvez-vous m'aider à définir cette limite entre le fait de s'accepter, et celui de vouloir progresser et changer ? Ou simplement donner votre avis, si selon vous cette limite n'existe pas. Merci ^^
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Re: S'accepter, et vouloir changer ?

Message par Kathalqa Sarr le Mar 17 Avr 2018 - 14:38

Malgré mon absence flagrante, il m'arrive parfois de repasser ici, et je suis bien attristée de voir que ton post n'a soulevé aucune envie de partage...

Je peux te donner ma vision des choses, si cela peut t'aider. Elle n'est pas universelle, loin s'en faut. Il y a plus de 7 milliards d'êtres humains sur Terre et tout autant d'opinions. Il te faudra construire la tienne pièce par pièce :).

De ma petite vie lointaine, j'ai pu évoluer sur le long chemin de l'acceptation de soi. Et j'ai fait d'énormes progrès. Je n'aime pas parler de règles, aussi je vais employer le mot "processus" qui me convient mieux. 
Le processus qu'il m'a fallu intégrer (et il a fallu énormément de temps) c'est que pour changer une chose en soi, il faut l'accepter. Acceptation et changement ne s'opposent pas, ne coexistent pas. Ils s'interdépendent, même si ce mot n'existe pas.

Avant d'aller plus loin, je souhaite soulever un point. Je veux, pour ma part, évoluer de manière douce avec moi même. Mon but est et a toujours été de m'aimer plus, et d'avancer en accord avec moi même sans brusquerie. Je me mets parfois des coups de pied au cul (pardonnez l'expression) mais ô grand jamais, si je le peux, je ne vais me forcer à changer par la violence. Comprends tu ce que je veux dire ? Je veux que mon changement soit source de souvenirs exclusivement positifs, et pas le résultat d'un forcing.
Je veux m'ouvrir des portes, pas les fermer. Je veux panser des blessures jusqu'à ce que les cicatrices soient inexistantes, pas cautériser en laissant des stigmates irréversibles. 

Chacun son choix, quel qu'il soit, chacun ses envies. Les miennes m'ont conduites au yoga, à la douceur extérieure et à la force intérieure. Certes pas à la mollesse. Les mots me manquent pour exprimer mes sensations, et l'intermédiaire froid d'un écran te transmettra hélas un message bien plus sec que ce qu'il n'est en réalité.



Je reviens donc à l'idée de départ. Si jamais ce fonctionnement t'évoque quelque chose, tu arriveras un jour à la même conclusion que moi. Pour te changer, il te faut t'aimer.
C'est fou, hein ? 
Pourquoi ? Parce ce que tu n'aimes pas fait partie de toi. Ce que je n'aime pas encore chez moi fait partie de moi. Ce sont justement ces cicatrices. Ce que je n'aime pas de moi est la conséquence de mon parcours de vie, des réponses mises en place par mon corps et mon esprit à tout un tas de stimuli extérieurs ou à mes propres pensées. 

Sauf que comme toute cicatrice, tu ne peux pas l'enlever en arrachant la peau autour. Il faut au contraire la guérir, en prendre soin. Chercher les causes, si elle ne guérit pas. J'ai longtemps eu peur de mon impulsivité. Sous le coup de la colère (rare, mais si violente) j'ai des mots atroces, des gestes qui le sont tout autant. Je rejette, je frappe, je m'enferme dans un monde rouge dont je ne sors que quand je suis épuisée. J'emmagasinais en moi mes peurs, mes peines et mes frustrations jusqu'à l'explosion.

Et à ton avis, quand on dit à quelqu'un d'énervé "mais calme toi p*t**n !!", ça fait quoi ? Ben ça fait encore pire. Et c'est ce que l'on fait quand on a un truc en nous qui nous plait pas. On fait "mais change ça à la fin, c'est pas croyable ! T'es vraiment pas doué c'est pas possible". 
Bah mon p'tit chat, ça fait tout l'effet contraire ! L'idée est de désamorcer la tension qui monte face à ce que tu n'aimes pas. De dédramatiser la situation à force de "ce n'est pas grave". Au début t'as l'impression que ça fait rien, ça peut durer des mois, et puis un jour tu verras que ce n'est réellement plus si grave que ça pour toi. Et à partir de là tu pourras te dire "on essaie de faire un peu mieux ".

Tu ne peux pas passer de "je déteste" à "j'adore tout chez moi". C'est pas tout noir ou tout blanc. Avant de changer un truc négatif, faut déjà le repasser par le neutre. Parce que en même temps, tu comprends que ce que tu es, ben ça pue pas tant que ça. Même que des trucs que tu détestais, tu peux venir à les aimer et à mieux les contrôler, au lieu de les changer. 

Je m'énerve beaucoup moins. J'ai appris à désamorcer mes colères, à exprimer mes peurs plutôt que les refouler, et à en parler avec les bonnes personnes. De les dédramatiser, mais pas de les mépriser (ça marche pas non plus hein). Et pourtant je sais utiliser cette puissance en moi quand il le faut maintenant, pour défendre ce qui me tient à coeur quand la bienveillance ne suffit plus.
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Re: S'accepter, et vouloir changer ?

Message par Sasori le Lun 23 Avr 2018 - 13:19

#52: Chaque changement commence par de petits pas.


Je n'arrive plus à compter les soirs où je me suis endormi en me disant que le lendemain serait différent, que de huit heures de sommeil allait se réveiller un homme totalement différent, la chose idéal, fantastique, banal, ennuyeuse que j'ai dans ma tête. ça tient un jour, une semaine, jamais beaucoup plus. Ce n'est juste pas moi, ce n'est pas ce que je suis, ce que je suis prêt à mettre dans la balance, à abandonner, à subir. L'écart est juste trop important. L'impatience de résultats immédiats jouent certainement un rôle important dans cette absence d'effets visibles.


Le toi est une valeur fluctuante et difficilement discernable. Par toi, mais également par les autres. On ne se transforme pas comme on se ferait une simple coupe de cheveux, et c'est vrais, nous sommes nous.
Cette phrase dit beaucoup de chose sur le pouvoir du nom dit. As-tu besoin de formuler précisément tout les attributs de la fonction Inari pour savoir ce qu'elle est ? Ce serait pratique, mais aussi presque ennuyeux de te résumer à de simples paramètres. L'être humain est bien plus complexe, tu es toi et dans ce toi se cache toute ta vie, la somme de tes expériences, de tes peurs et de tes envies, ainsi que de tes actes qui, selon moi, reflète ce que tu es à l'intérieur de toi.
Si les actes sont le miroir de ce que l'on est, peut-on changer ? N'as-tu pas le contrôle sur ceux-ci ? Lorsque tu t'affales devant Netflix après une journée de cours, n'est-ce pas ton cerveau qui crie "Pause...". 

On en revient au point que j'abordais au début: Changer cela passe par de petits pas. Pour moi, c'est comme cela que tu peux avancer, sans être effrayée par le chemin qui reste à parcourir ou décourager par le non-toi que tu essaies de devenir. Cette nouvelle personne, c'est toi, et petit à petit tu dois l'apprivoiser, l'intégrer à toi et au le résultat final sera certainement un mixte, ce sera toujours toi. L'expérience te permettra de pouvoir lire dans ce toi. 
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Re: S'accepter, et vouloir changer ?

Message par inari le Lun 21 Mai 2018 - 23:02

Merci beaucoup pour vos réponses !


Katha :

(Je ne suis pas sûre que tu attendais des réponses à tes questions, ou si elles étaient purement rhétoriques, donc j’y réponds quand même)

“ Je veux, pour ma part, évoluer de manière douce avec moi même. Mon but est et a toujours été de m'aimer plus, et d'avancer en accord avec moi même sans brusquerie. Je me mets parfois des coups de pied au cul (pardonnez l'expression) mais ô grand jamais, si je le peux, je ne vais me forcer à changer par la violence. Comprends tu ce que je veux dire ? ”
Oui, je comprends ce que tu veux dire. Je dirais que sur le principe je suis d’accord, mais que certains changements nécessitent (en tout cas pour moi) une rupture, une certaine violence, pour être bien assimilés. Parce que ma mémoire n’est pas efficace, j'ai le risque d'oublier des choses que je me suis jurée de ne pas oublier. Et de retomber dans les mêmes réflexes. Et je déteste ça.
Avec le peu d’expérience en yoga, je pense pouvoir cependant comprendre ce que tu veux dire par rapport à l’acceptation et l’amour de soi^^

“Pour te changer, il te faut t'aimer. C'est fou, hein ? “
Haha, je le réalise de plus en plus, ce n’est pas si fou que ça. Je crois que les gens ont simplement oublié, dans notre société, quelque chose d’aussi basique. Principalement par rapport au système scolaire qui se base sur les notes et juge les gens sur des capacités bien trop restreintes, en stigmatisant les erreurs et les échecs…

Je trouve ça vraiment cool que tu aies pris la peine de répondre, et de parler de ton propre ressenti. C’est en général ce qui m’inspire le plus dans ma recherche de réponse, que de pouvoir écouter les expériences des autres. Je pense que je dois trouver mes propres réponses, mais c’est toujours intéressant de voir le parcours de ceux qui ont déjà trouvé les leurs.


Obé :

“S'il y a une limite entre s'accepter et vouloir progresser/changer ? Je ne suis pas sûr. J'irais même jusqu'à dire que l'un ne peut pas aller sans l'autre”
Sur quels éléments te bases-tu pour affirmer ça ?

Merci d'avoir répondu, mais il me semble que c'est hors sujet ^^"
J’avoue avoir un peu de mal avec la formulation en “tu”, qui semble indiquer que tu as “la réponse” pour moi. Mais je crois que tu parles à un “tu” général, qui ne me vise pas particulièrement, et qui parle principalement de ta manière de faire. Donc si cela te réussit, c’est le principal. ^^


Sasori :

(Je ne réponds pas directement à ton texte, mais il m’a fait réfléchir sur plusieurs points. Je trouve ça cool que tu commences ta réponse par un exemple si parlant !)

Je suis assez impatiente dans mon envie de changer certains de mes complexes, et ce n’est en général pas là que je fais les plus gros progrès. J’ai pas mal conscience de cette impression de “faux” quand j’essaie d’atteindre un moi idéal. Mais par contre, simplement essayer de faire de mon mieux, d’être honnête et sincère dans mes actions me permet d’avancer sans avoir peur de me “tromper”. Parce que les “erreurs” que je peux faire seront cohérentes avec qui j’ai été au moment de mes actes.

“As-tu besoin de formuler précisément tout les attributs de la fonction Inari pour savoir ce qu'elle est ?”
En effet, pas besoin de formuler tous les attributs, étant donné qu’on est en constant changement, ce serait impossible à faire ^^

Et par rapport à ça, on m’a proposé une manière de voir les choses qui me plait particulièrement :
C’est possible de comprendre la cohérence de quelqu’un si on le regarde au travers de sa manière de progresser. En effet, si on regarde que des éléments ou actes fixes dans le temps, et qu’on les compare quelques temps plus tard, c’est parfois difficile d’accepter qu’une personne peut changer autant, on peut se demander si elle n’a pas subi un lavage de cerveau (merci maman…). Mais quand on regarde la personne en connaissant sa manière de progresser, tous les changements deviennent compréhensibles. Donc s’accepter au travers de notre changement permet de ne plus se définir selon des attributs fixes, mais selon un flux...



Bref, je suis contente que vous ayez répondu et partagé un peu de votre expérience avec moi. Je pense avoir trouvé un début de réponse à cette question. (Même si le but premier n'a pas été rempli il me semble. Mais ça n'a pas d'importance)
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